>L’usage de la ruse dans le Jihad

Question d’un membre d’un forum jihadiste  :

Jusqu’où peut aller la ruse dans le Jihad ?

Réponse d’un membre “confirmé” :

Allah le Très Haut a interdit la trahison et a condamné son auteur en ces termes : « ceux-là mêmes avec lesquels tu as fait un pacte et qui chaque fois le rompent, sans aucune crainte (d’ Allah).» (Coran, 8 : 56). Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui). A dit : « Au jour de la Résurrection, tout traître portera un drapeau qui permettra de le reconnaître » (rapporté par al-Boukhari, 6966 et par Mouslim, 1736).

Al-Boukhari a rapporté d’après Ibn Omar (P.A.a) que le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui). A dit : « Quatre choses font de celui qui les réunit un hypocrite achevé : mentir dans le discours, ne pas tenir les promesses, violer les engagements et radicaliser les querelles. Celui qui en perpétue une porte une dose d’hypocrisie aussi longtemps qu’il ne s’en débarrassera pas ». (rapporté par al-Boukhari, 3878 et par Mouslim, 58).

Malick a dit : « il m’est parvenu qu’Abd Allah ibn Abbas a dit : « chaque fois que des gens violent leur engagement, Allah donne à l’ennemi le dessus sur eux. » Voir al-Mouwatta, chapitre : à propos du respect des engagements.

En dépit de cette dénonciation de la trahison, la loi religieuse autorise la ruse en cas de guerre dans le but d’obtenir la victoire. A ce propos, an-Nawawi a dit : « les ulémas sont unanimes à soutenir qu’il est permis de tromper l’ennemi en cas de guerre, chaque fois que cela s’avère possible, pourvu de ne pas violer un traité ou un pacte. Car cela n’est pas permis.

Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « la guerre c’est la ruse » (rapporté par al-Boukhari, 3029 et Mouslim, 58). La plus dangereuse forme de ruse consiste à surprendre l’ennemi avant qu’il ne se prépare pour la guerre. Quand le Messager (bénédiction et salut soient sur lui) voulut se diriger vers La Mecque pour la conquérir, il donna aux musulmans l’ordre de se préparer et il ne révéla sa destination à personne avant de se mettre en route vers La Mecque et après avoir pris toutes les précautions susceptibles d’empêcher aux idolâtres d’apprendre la nouvelle.

Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) dépêchait de nombreux commandos et leur recommandait de se déplacer la nuit et de se cacher le jour afin de pouvoir surprendre leur ennemi. Nous disons, malgré l’autorisation de la ruse en cas de guerre, que l’Islam a atteint un haut niveau dans le respect de l’engagement tout en permettant le recours à l’emploi d’expressions métaphoriques et de pièges martiaux.

En voici quelques exemples frappants :
- Omar Ibn al-Khattab a adressé à un homme qu’il avait envoyé commander une armée ceci : « Il m’est parvenu que certains d’entre vous se mettent à la poursuite du mécréant non arabe jusqu’à l’obliger à se réfugier sur une montagne et se sauver et lui disent alors : « n’aies pas peur ». Et puis quand ils le saisissent, ils le tuent. Au nom de Celui qui tient mon âme en Sa main, s’il s’avère que quelqu’un s’est comporté de la sorte, je lui trancherai la gorge ».

D’après Abou Mouslima, Omar ibn al-Khattab a dit : « Au nom de Celui qui tient mon âme en Sa main ! Si quelqu’un d’entre vous faisait avec son doigt un signe vers le ciel à l’attention d’un idolâtre puis descend vers lui et le tue (après ce geste conventionnel indiquant son admission de l’Islam), je le tuerai pour cela.
L’Islam interdit la trahison car celle-ci est toute différente des ruses et pièges utilisables selon l’Islam en cas de guerre. La loi islamique a établi une nette distinction entre l’usage de moyens dilatoires qui est permis et les pratiques qui impliquent trahison et violation de traités. Voir
al-alaqat al-Kharidjiyya fi dawlat al-Khilafa, 197.

Complément d’un autre membre le 13.5.2008 :

Mentir est une trahison. Or cela est parfaitement permi en tant de guerre. Ce qui est interdit c est de rompre un pacte fait avec l ennemi, sauf si ce dernier en transgret lui meme les clauses.

Remarquez que lorsqu une personne ou un groupe de personne est islamiquement considere comme un ennemis d Allah et de son Prophete, alors on peut egalement faire usage de ruse contre lui meme si la guerre n est pas ouvertement declare.
Le dalil est dans boukhari, dans le recit de Ka’ab ibnul Achraf, juif ayant perdu son statut de dhimmi (proteger de l Etat Islamique) pour avoir fait des poemes contre l Islam et le Messager d Allah. Le Prophete ordonna qu on s occupe de lui et Muhammad Ibn Maslamah de proposer de se charger de l affaire en demandant s il pouvait user de ruse et allez jusqu a mentir sur le Messager d Allah. Le Prophete permit cela. Voici le reste du recit:

Muhammad Ibn Maslamah, qui était en fait un neveu de lait de Ka`b et Abû Nailah se rendirent dans sa résidence. Muhammad Ibn Maslamah fut le premier à parler : ” Cet homme (il désignait ainsi le Prophète . nous a demandé de faire la sadaqah (l’aumône) et nous n’avons même pas de quoi manger. Il nous opprime avec ses lois et ses interdits et j’ai pensé que je pouvais te demander un prêt.
— Par Dieu, j’ai bien des motifs moi aussi pour lui en vouloir !, confessa Ka`b.
— Nous l’avons suivi et nous ne voulons pas le quitter avant d’avoir vu comment tout cela se terminera. Nous voudrions te demander de nous prêter une ou deux mesures d’or, continua Muhammad Ibn Maslamah.
— N’est-il pas temps que vous vous rendiez enfin compte du nombre de mensonges vous avez acceptés de lui ? demanda Ka`b en leur promettant de leur accorder un prêt. Toutefois, il vous faudra me donner une garantie pour ce prêt, ajouta-t-il.
— Quelle garantie veux-tu ?, demandèrent-ils.
— Donnez-moi vos femmes en garantie, suggéra-t-il.
— Comment pourrions-nous te donner nos femmes, en garantie, alors que tu es le plus séduisant des arabes !, rétorquèrent-ils.
— Donnez-moi vos enfants, alors, suggéra Ka`b.
— Comment pourrions-nous te donner nos enfants, alors qu’ils seraient ridiculisés d’avoir été otages pour une ou deux mesures d’or. Ce serait une honte pour eux. Mais nous pourrions te donner ce qui assure notre protection (à savoir les armes) et tu sais que nous en avons besoin. “
Ka`b accepta cette suggestion, qu’ils avaient faite afin de l’abuser et de lui faire croire qu’ils étaient venus désarmés. Ils promirent donc de revenir pour lui apporter leurs armes.
Puis ce fut au tour de Abû Nailah de parler.” Honte sur toi, Ibn Ashraf. Je suis venu pour te parler et tu ne m’as pas encouragé. ” Ka`b lui demanda de parler et Abû Nailah dit : “La venue de cet homme a été pour nous et nos habitudes arabes une source d’affliction permanente. En un seul coup il a condamné nos habitudes et laissé nos familles dans la faim et les peines. Nos familles et nous-mêmes sommes réellement en difficulté.
— Moi, Ibn Al-Ashraf, dit Ka`b, par Dieu, je t’ai dit, fils de Salamah, que l’affaire allait se finir comme je l’avais prévu.
— Je souhaiterais que tu puisses nous vendre quelque nourriture et nous te donnerons toutes les garanties que tu veux. Sois bon envers nous. J’ai des amis qui partagent mon point de vue et je vais te les amener pour que tu puisses leur vendre de la nourriture et les traiter avec bonté. Nous viendrons à toi et te donnerons nos boucliers et nos armes en garantie.
— Les armes sont loyales et dignes de confiance, acquiesça Ka`b. “
Ils le quittèrent alors promettant de revenir et de ramener les garanties pour le prêt. Ils retournèrent auprès du Prophète et lui racontèrent leur conversation. Cette nuit-là, Muhammad Ibn Maslamah, Abû Nailah, `Abbâd Ibn Bisr, Al-Hârith Ibn Aws et Abû Abasah Ibn Jabr se dirigèrent ensemble vers la maison de Ka`b. Le Prophète les accompagna un peu et les quitta sur ces mots : ” Allez, au nom de Dieu ! ” Puis il pria : ” Ô Seigneur, aide-les ! ” Et le Prophète retourna chez lui. C’était une nuit de pleine lune du mois de Rabî` Al-Awwal de la troisième année de l’Hégire.
Muhammad Ibn Maslamah et ses quatre compagnons arrivèrent à la maison de Ka`b. Ils l’appelèrent. Il sortit du lit, mais sa femme le retint et l’avertit : ” Tu es un homme en guerre. Les gens en guerre ne sortent pas à cette heure de la nuit.
— Mais ce ne sont que mon neveu Muhammad Ibn Maslamah et mon frère de lait, Abû Nailah, répondit Ka`b”
Ka`b descendit, son épée hors du fourreau. Il était fortement parfumé au musc. ” Je n’ai jamais senti un aussi bon parfum, dit Muhammad Ibn Maslamah, laisse moi sentir ta tête ! “
Ka`b accepta et comme Muhammad se penchait sur lui, il lui attrapa la tête et appela les autres à la rescousse pour abattre l’ennemi de Dieu.
L’élimination de Ka`b Ibn Al-Ashraf sema la terreur dans le cœur de ceux qui complotaient et fomentaient des intrigues contre le Prophète - et ils étaient nombreux à Médine. L’hostilité, telle que Ka`b l’avait manifestée, certes diminua mais ne cessa pas.

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